235 enfants palestiniens tués en Cisjordanie depuis 2023
Selon les chiffres d'une organisation israélienne de défense des droits humains, le rythme est d'environ sept par mois, contre à peu près un par mois durant les dix-sept années qui ont précédé la guerre à Gaza.

Les forces israéliennes et des colons ont tué 235 enfants et adolescents palestiniens en Cisjordanie occupée depuis le 7 octobre 2023, selon les chiffres tenus par l'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem et présentés samedi dans un article de l'agence de presse française AFP. Cinq de ces morts sont attribuées à des colons, les autres aux forces israéliennes.
Ce que ce décompte établit, c'est un changement de rythme. Sur les dix-sept années allant de 2005 à 2021, les registres de la même organisation font état d'environ un enfant ou adolescent palestinien tué chaque mois par les forces israéliennes. Depuis octobre 2023, la moyenne s'établit autour de sept par mois.
Un organisme gouvernemental palestinien, la Commission de résistance à la colonisation et au mur, avance un chiffre plus élevé pour la même période : 250.
Cinquante-quatre enfants et adolescents ont été tués l'an dernier selon le décompte de B'Tselem. Le plus jeune avait deux ans, et la plupart des autres étaient âgés de 14 à 17 ans.
Plusieurs d'entre eux ont été touchés par des tirs alors qu'ils n'étaient la cible de personne. Sam Abu Haikal avait sept mois en juin de cette année lorsque des soldats israéliens ont ouvert le feu sur la voiture dans laquelle se trouvait sa famille à Hébron ; il a été atteint au visage. Sa mère le tenait sur ses genoux. Dania Abu Haikal, 28 ans, enseignante à l'université, a été blessée par la même rafale, une balle entrant par sa joue et ressortant par son oreille ; elle en portait la cicatrice lorsqu'elle a parlé aux journalistes de l'agence à son domicile de Bethléem, tenant une peluche qui avait appartenu à son fils. « Pourquoi tirerait-on sur un nourrisson ? », a-t-elle demandé.
La répartition de ces morts ne correspond pas à la manière dont on décrit habituellement la Cisjordanie. La violence des colons est la part qui est recensée, dénoncée et parfois poursuivie en justice, et cinq des 235 sont imputées à des colons. Les 230 autres ont été causées par les soldats de l'État lui-même, sur un territoire où la mission déclarée de l'armée est le maintien de l'ordre et non la guerre.
La base de comparaison sur dix-sept ans est la partie de ces chiffres la plus difficile à contester. Un enfant tué par mois, c'est une succession d'incidents distincts, chacun avec son propre récit et sa propre controverse sur ce qui s'est passé. Sept par mois, ce n'est plus une succession. C'est un taux, et un taux découle des consignes données aux forces sur la manière d'opérer, et non de ce qui se produit devant l'une d'entre elles.