4 250 personnes fuient trois villages du Kordofan du Nord en deux jours, selon une agence de l'ONU
Les familles sont parties vers Omdurman et vers d'autres zones de la même localité, quelques jours après une attaque signalée contre l'un des villages.

L'Organisation internationale pour les migrations a déclaré dimanche que plus de 4 000 personnes avaient été chassées de trois villages de l'État du Kordofan du Nord, dans le centre du Soudan, en raison de la dégradation des conditions de sécurité en l'espace de deux jours.
Elle avance le chiffre de 4 250, sur la base des estimations de ses équipes de la Matrice de suivi des déplacements, et cite les villages d'Um Arda, Tamid et Al-Khor Al-Abyad, tous situés dans la localité de Shikan. Les familles sont parties vendredi et samedi, certaines vers d'autres zones de Shikan même, d'autres vers Omdurman, la ville qui se trouve à l'ouest de Khartoum.
L'agence a décrit une situation tendue et instable et a indiqué qu'elle continuait de la suivre de près.
Cet exode fait suite à des violences signalées dans l'un de ces mêmes villages. Le groupe indépendant de défense des droits Emergency Lawyers a affirmé vendredi qu'une attaque des Forces de soutien rapide, groupe paramilitaire, aux abords d'Um Arda, au sud-ouest d'El-Obeid, la capitale de l'État, avait fait 14 morts parmi les civils et des dizaines de blessés. De son côté, l'armée soudanaise a déclaré avoir repoussé des attaques des FSR dans ce secteur ainsi qu'à Jabra Al-Sheikh.
Les trois États du Kordofan constituent une ligne de front depuis que les combats entre l'armée et les FSR s'y sont étendus en octobre 2025. La guerre elle-même a éclaté en avril 2023 autour du projet d'intégration de la force paramilitaire à l'armée régulière ; elle a depuis fait des dizaines de milliers de morts et déplacé environ 13 millions de personnes, selon les estimations de l'ONU — une échelle face à laquelle un décompte de 4 250 en deux jours apparaît moins comme un incident que comme le rythme auquel la guerre poursuit son œuvre.