Cinq morts dans des frappes sur une foule et une voiture à Gaza
Deux personnes ont été tuées près d'un parc municipal où dorment des familles déplacées, trois autres dans un véhicule à Tal al-Hawa. L'armée affirme que les deux attaques visaient des combattants, sans en apporter la preuve.

Au moins cinq Palestiniens ont été tués lundi dans deux frappes aériennes israéliennes sur Gaza-ville, ont indiqué des secouristes et des responsables de la santé du territoire. Les deux attaques ont touché des quartiers différents de la ville au cours de la journée.
La première s'est abattue sur un rassemblement de personnes en bordure d'un parc public municipal, un terrain où vivent des familles déplacées, et a tué deux personnes. Plusieurs autres blessés ont été signalés.
La seconde a frappé un véhicule à Tal al-Hawa, dans l'ouest de la ville, tuant au moins trois personnes. Ce bilan a été communiqué par des responsables de la santé.
L'armée israélienne a affirmé que les deux attaques visaient des combattants du Hamas. Elle n'a fourni aucune preuve à l'appui.
Deux des cinq hommes ont été transportés à l'hôpital al-Shifa, le plus grand établissement de santé encore en activité à Gaza, où proches et amis se sont rassemblés avant que les corps ne soient conduits au cimetière et enterrés.
Amjad Abu Abdo, qui a perdu un proche dans ces attaques, affirme que la trêve n'existe que sur le papier. « Il n'y a pas de cessez-le-feu », dit-il, décrivant des familles qui ne dorment pas de la nuit sous le bruit des drones, par crainte de ce qui suit.
Les frappes de lundi surviennent après un week-end d'attaques. Deux Palestiniens, dont un enfant de trois ans, ont été tués dimanche dans une frappe sur Deir al-Balah, dans le centre de Gaza, et au moins quatre personnes la veille.
Plus de 1 300 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier, selon le ministère de la Santé du territoire. Sur la même période, l'armée israélienne a recensé cinq morts dans ses rangs, et un parmi les sous-traitants civils qui travaillent à ses côtés.
Les deux décomptes sont tenus par des organismes différents et ne mesurent pas la même chose : ils ne forment pas un rapport et ne doivent pas être lus comme tel. Ce qu'ils établissent, en revanche, c'est où se situe le danger. Les deux attaques de lundi ont été présentées par l'armée comme visant des combattants, et l'une d'elles est tombée au milieu de gens installés sur un bout de parc où des familles chassées d'autres quartiers n'avaient rien de mieux pour dormir.