Gaza Gazette
Droits humains

1 000 jours d'isolement pour les détenus palestiniens

Un document de suivi chiffre à environ 9 400 le nombre de détenus, dont 3 244 sont emprisonnés sans procès.

1 000 jours d'isolement pour les détenus palestiniens

La Commission des affaires des détenus et anciens détenus a déclaré dimanche que les prisonniers palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes ont désormais passé 1 000 jours à l'isolement, sans visites familiales et sans canal fiable permettant à leurs proches d'obtenir la moindre information à leur sujet.

Elle a ajouté que cet isolement s'accompagne d'un refus persistant de laisser entrer le Comité international de la Croix-Rouge, ce qui prive toute instance indépendante de la possibilité de constater les conditions de détention et d'en rendre compte.

Un document de recherche portant sur les conditions de détention au mois de juillet établit à environ 9 400 le nombre total de Palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes. Parmi eux, 94 sont des femmes, 350 des enfants et 3 244 sont placés en détention administrative, une mesure qui autorise l'emprisonnement sans procès ni condamnation.

Environ 1 320 détenus originaires de Gaza relèvent du statut israélien de « combattant illégal », qui, selon les organisations palestiniennes de défense des droits humains, supprime les garanties procédurales dont s'accompagnerait une inculpation pénale.

Les organisations palestiniennes de défense des prisonniers évaluent à plus de 24 600 le nombre de personnes arrêtées depuis le début de la guerre à Gaza. Ce chiffre comptabilise les passages par le système carcéral et non les personnes détenues à un instant donné, ce qui explique qu'il dépasse largement les 9 400 actuellement incarcérées.

Pour les familles, la combinaison de ces deux restrictions se traduit par le silence. Les visites étant interdites et aucun observateur n'étant admis, un proche n'a aucun moyen de savoir si un détenu est malade, blessé ou a été transféré dans un autre établissement.

La Commission a réclamé un accès international aux prisons sans plus attendre, un suivi indépendant des conditions qui y règnent et la levée des mesures d'isolement.