Gaza n'a reçu qu'un tiers de l'aide promise par le cessez-le-feu
Le Bureau des médias du gouvernement de Gaza fait état de 66 607 camions entrés sur les 189 000 prévus, et de départs par Rafah équivalant à 39 % de ce que prévoyait l'accord de réouverture.

Le Bureau des médias du gouvernement de Gaza a annoncé lundi que 66 607 camions d'aide sont entrés dans l'enclave depuis le début du cessez-le-feu, alors que 189 000 auraient dû arriver au 315e jour de l'accord, selon son décompte. Soit un taux d'application de 35 %.
Il avance un chiffre comparable pour la circulation des personnes. Depuis la conclusion de l'accord de réouverture du poste-frontière de Rafah, 11 759 voyageurs ont pu quitter le territoire par ce point de passage, alors que le nombre prévu était de 29 800 — un taux de 39 %.
Ces deux chiffres décrivent un écart, et non un total. Les volumes d'aide et le nombre de voyageurs avaient été fixés à l'avance comme des obligations assorties d'un calendrier : le manque ne tient donc pas à une offre incapable de suivre. Environ deux camions sur trois censés atteindre Gaza n'y sont pas parvenus, et près de trois personnes sur cinq censées pouvoir partir ne sont pas parties.
Le même rapport recense 4 379 violations du cessez-le-feu depuis son entrée en vigueur. Le Bureau leur impute 1 286 morts et 4 257 blessés palestiniens, des chiffres que le ministère de la Santé publie quotidiennement, et ajoute une catégorie qui a retenu moins l'attention : 180 Palestiniens arrêtés pendant la trêve.
Le Bureau tient Israël pour responsable de la dégradation des conditions dans le territoire et appelle les médiateurs et les garants de l'accord à le contraindre à en appliquer intégralement les dispositions : les volumes d'aide, la liberté de circulation par Rafah et l'arrêt des attaques.
C'est cet appel qu'il faut lire attentivement. Le Bureau ne réclame pas un nouvel engagement, mais le respect d'un engagement existant, et il s'adresse aux États qui ont cautionné l'accord plutôt qu'à la partie qu'il met en cause. Dix mois après, le mécanisme censé faire respecter les clauses humanitaires du cessez-le-feu semble se résumer à mesurer l'ampleur des manquements et à en publier le calcul.