La crise sanitaire s'aggrave à Gaza face à la pénurie de médicaments
Les pénuries de médicaments essentiels et la destruction des infrastructures menacent des milliers de malades chroniques dans l'enclave.

La crise sanitaire s'aggrave à Gaza, où de graves pénuries de médicaments et de fournitures médicales menacent des milliers de patients atteints de cancer, de maladies rénales et de maladies chroniques. Les hôpitaux continuent de fonctionner à capacité très réduite après la destruction massive des infrastructures de santé de l'enclave.
Le docteur Muhammad Abu Salmiya, directeur du complexe médical Al-Shifa, a déclaré jeudi que cinquante pour cent des médicaments répertoriés étaient en rupture totale de stock. Plus de trois cents médicaments destinés aux maladies chroniques sont épuisés, tandis que les consommables médicaux accusent une pénurie de soixante-dix pour cent, touchant environ cinq cent cinquante articles essentiels.
Les fournitures de laboratoire manquent encore davantage : environ quatre-vingts pour cent des matériels sont indisponibles. Les services de radiographie, d'IRM et de scanner sont en grande partie hors service, privant les médecins d'outils de diagnostic essentiels. Les patients et les blessés palestiniens se trouvent ainsi privés de soins susceptibles de leur sauver la vie dans cette situation d'urgence.
Les insuffisants rénaux sont en danger immédiat : les stocks de bicarbonate disponibles pour la dialyse ne suffisent que pour une dizaine de jours. Sans nouvelles livraisons, les hôpitaux pourraient de nouveau être contraints d'écourter les séances de dialyse afin de maintenir le service pour ceux qui ont désespérément besoin d'un traitement régulier pour survivre.
Les protocoles de chimiothérapie et de traitement biologique sont suspendus pour environ onze mille patients, dont quelque quatre mille cinq cents nécessitent des soins urgents. Abu Salmiya a fait état de trois à quatre décès par jour parmi les malades du cancer et les patients atteints de maladies du sang, les établissements spécialisés restant détruits ou inaccessibles.
Plus de soixante-dix mille diabétiques sont confrontés à des pénuries de stylos à insuline et de bandelettes de mesure de la glycémie. L'aggravation de la malnutrition expose les enfants à des risques supplémentaires, notamment des retards de croissance. Le personnel de santé a lui aussi subi des pertes considérables, avec plus de mille sept cents soignants tués depuis octobre deux mille vingt-trois.