Gaza Gazette
Droits humains

Le journaliste gazaoui Mohamed Arab comparaît devant un tribunal 29 mois après son arrestation

Son avocat et des organisations palestiniennes de la presse affirment qu'il est détenu en tant que « combattant illégal », sans qu'aucun acte d'accusation clair n'ait été présenté.

Le journaliste gazaoui Mohamed Arab comparaît devant un tribunal 29 mois après son arrestation

Le Syndicat des journalistes palestiniens et les avocats qui suivent l'affaire indiquent que Mohamed Saber Arab, qui couvrait le nord de Gaza pour Al Araby TV, est apparu nettement amaigri et physiquement affaibli lors des dernières audiences devant un tribunal militaire israélien.

Arab a été arrêté le 18 mars 2024 lors d'un raid israélien sur l'hôpital al-Shifa, à Gaza-ville, et a depuis été transféré entre plusieurs centres de détention israéliens, parmi lesquels Sde Teiman et la prison du Naqab.

Son avocat, Khaled Mahajneh, ainsi que des organisations palestiniennes juridiques et de défense des droits humains, affirment qu'il est détenu sous le statut de « combattant illégal » défini par Israël, et qu'aucun acte d'accusation clair n'a été présenté contre lui.

Ils indiquent qu'il a été maintenu enchaîné pendant de longues périodes, les yeux bandés durant des semaines entières et privé de sommeil, et qu'il a vu d'autres détenus porteurs de graves blessures, notamment des amputations.

Ce statut est le mécanisme qui rend une telle durée possible. Il autorise la détention sans l'inculpation qui devrait autrement être défendue devant un juge, de sorte qu'une audience peut se tenir sans que les charges retenues contre un détenu aient jamais été exposées.

Les organisations palestiniennes de la presse et de défense des droits humains inscrivent cette affaire dans un décompte plus large : 265 journalistes tués à Gaza depuis le début de la guerre, plus de 150 journalistes et professionnels des médias arrêtés depuis octobre 2023, et plus de 40 toujours détenus.

Chacune de ces détentions retire aussi un journaliste d'un territoire où le nombre de personnes encore en mesure de documenter ce qui s'y passe n'a cessé de diminuer, raison pour laquelle les organisations de la presse considèrent ce décompte comme une mesure de la couverture perdue autant que des personnes détenues.