Gaza : la crise de l'eau s'aggrave, les réseaux détruits
La production quotidienne d'eau s'est effondrée : les habitants disposent de ressources dérisoires et sont exposés à de graves risques de contamination dus aux réseaux d'assainissement endommagés.

La crise de l'eau et de l'environnement s'aggrave nettement à Gaza, où plus de quatre-vingts pour cent des réseaux d'eau et d'assainissement du territoire ont été endommagés ou détruits. Cette destruction massive nourrit des inquiétudes croissantes quant aux pénuries d'eau sévères, à la contamination des nappes phréatiques et aux risques sanitaires majeurs pour la population de l'enclave.
Saeed Al-Aklouk, responsable de la surveillance de l'eau et des eaux usées dans la bande de Gaza, a averti que la destruction généralisée d'infrastructures vitales a fait chuter brutalement la production d'eau. Selon lui, la production quotidienne est passée d'environ trois cent mille mètres cubes avant les destructions à seulement cent vingt-trois mille mètres cubes aujourd'hui.
En raison de cette chute brutale, la quantité d'eau disponible par personne est tombée entre vingt et un et vingt-deux litres par jour. La situation traduit l'ampleur des dégâts subis par les infrastructures, tandis que les autorités locales se heurtent à de sérieux obstacles pour exploiter et réparer les réseaux endommagés, faute de moyens et en raison des restrictions qui pèsent sur leur travail.
Al-Aklouk a également mis en garde contre un autre péril environnemental né de la destruction des réseaux d'assainissement : l'infiltration dans le sol d'eaux usées non traitées. Cette contamination menace des nappes phréatiques déjà fragiles, alors que le manque de désinfectants et les capacités d'analyse limitées rendent de plus en plus difficile le contrôle des points d'eau et la vérification de leur potabilité.