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L'Irak demande à Téhéran des explications sur une attaque de drones contre la résidence du Premier ministre kurde

Aucune partie n'a revendiqué la frappe contre le domicile et le bureau privé de Masrour Barzani, et Bagdad a mis en place une commission chargée de déterminer d'où les drones ont été lancés.

L'Irak demande à Téhéran des explications sur une attaque de drones contre la résidence du Premier ministre kurde

Le ministère irakien des Affaires étrangères a indiqué que le ministre des Affaires étrangères Fuad Hussein s'était entretenu par téléphone lundi avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, pour demander à Téhéran des explications officielles sur une attaque de drones visant le bureau privé et le domicile de Masrour Barzani, Premier ministre du Gouvernement régional du Kurdistan, dans le nord de l'Irak.

L'attaque a été menée avec des drones Hadid-110 et s'est produite dimanche. Aucun des deux ministères n'a donné de bilan des victimes ni décrit les dégâts, et aucune partie n'a déclaré en être à l'origine.

Fuad Hussein a déclaré à son homologue que rien ne justifiait cette frappe et que faire du domicile du chef d'un gouvernement régional une cible crée un précédent qui met en danger la sécurité et la stabilité du pays tout entier.

Abbas Araghchi a affirmé que l'attaque l'avait pris par surprise et qu'il ne disposait d'aucune information désignant le territoire iranien comme point de lancement. Il a estimé que les relations de l'Iran avec le Gouvernement régional du Kurdistan ne donnaient aucune raison à une telle frappe, a promis une déclaration officielle de la position de Téhéran et a assuré que son gouvernement s'oppose à tout ce qui élargit l'escalade dans la région.

Il a également appelé les responsables kurdes à envisager la possibilité que la frappe ait été orchestrée pour les dresser contre l'Iran, rappelant le soutien iranien aux Kurdes durant les années de Saddam Hussein et pendant la lutte contre Daech, et décrivant la frontière commune aux deux administrations comme une zone que les forces kurdes ont contribué à maintenir calme.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Téhéran, Esmail Baghaei, a jugé l'incident suffisamment suspect pour justifier un examen attentif avant toute conclusion, a évoqué les mises en garde irakiennes au sujet de cellules liées à des parties étrangères menant des attaques sous une fausse bannière, et a affirmé que les deux gouvernements ne devaient pas laisser cet épisode les éloigner l'un de l'autre.

Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, a ordonné la formation d'une commission d'enquête chargée de déterminer d'où venaient les drones, d'où ils ont été lancés et qui les a envoyés. Jusqu'à ses conclusions, l'identité de la partie responsable repose sur des affirmations et non sur des preuves, difficulté à laquelle se heurte aujourd'hui toute capitale qui publie une déclaration à ce sujet.