Israël dit avoir évacué des colons d'une maison à Qusra
Des dizaines d'entre eux ont pénétré dans une maison à Ras al-Ain et s'y sont barricadés ; le conseil du village affirme que les soldats ont ensuite tenté d'arrêter les Palestiniens à l'intérieur, et les secouristes affirment qu'une ambulance envoyée sur place a été attaquée.
Des dizaines de colons israéliens ont pénétré samedi dans une maison palestinienne à Ras al-Ain, en bordure de Qusra, au sud de Naplouse, en Cisjordanie occupée, et s'y sont barricadés. Les soldats israéliens et la police des frontières ont indiqué ensuite avoir fait sortir les colons du bâtiment et mis en fourrière les véhicules à bord desquels ils étaient arrivés.
Dans un communiqué commun, les deux forces ont décrit les faits comme des heurts impliquant des émeutiers israéliens. Des dizaines de colons avaient pénétré dans une maison palestinienne et s'y étaient enfermés, indique le texte, et plusieurs Palestiniens ont été blessés au cours de l'effraction, dont une femme. Les colons avaient également jeté des pierres sur des Palestiniens, selon le communiqué, qui précise que des unités resteraient sur place pour empêcher de nouveaux affrontements.
Le président du conseil du village, Abdul Azim al-Wadi, donne une autre version de ce qu'ont fait les soldats une fois sur les lieux. Il affirme qu'ils ont tenté d'interpeller des Palestiniens toujours pris au piège dans la maison encerclée et qu'ils empêchaient l'évacuation des blessés. Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué que des colons avaient attaqué une ambulance qui tentait d'atteindre le bâtiment.
Des habitants sont sortis pour faire face aux colons lorsque la maison a été encerclée, et les deux camps se sont affrontés sur le terrain découvert à l'extérieur. Des renforts de l'armée israélienne sont ensuite arrivés, les colons se sont répandus dans les environs de la maison et des terres appartenant aux villageois ont été incendiées. Plusieurs jeunes hommes se trouvaient toujours enfermés dans le bâtiment, des sources locales faisant état d'au moins quatre personnes à l'intérieur.
Trois maisons de Ras al-Ain sont désormais encerclées depuis vingt et un jours consécutifs, et l'armée a déclaré les terrains qui les entourent zone militaire fermée — l'ordre qu'elle utilise pour vider un terrain de ses occupants et les empêcher d'y revenir.
Des colons ont attaqué samedi des Palestiniens ailleurs dans les mêmes collines. Deux sœurs ont été frappées alors qu'elles cueillaient des figues sur leurs propres terres à Silwad, au nord-est de Ramallah, et souffrent d'ecchymoses et d'autres blessures ; des sources locales les ont identifiées comme Mona Mahmoud Hamed, 75 ans, et sa sœur Alia, 65 ans, et ont indiqué que les colons leur avaient pris leurs téléphones portables et les clés de leur voiture. À Jalud, au sud de Naplouse, des colons s'en sont pris à Mahmoud al-Tubasi et à son épouse près de la maison dont la famille a été chassée il y a plusieurs mois, ainsi qu'à l'équipe de presse étrangère qui les accompagnait, brisant le véhicule de l'équipe et agressant ses membres. Ce récit émane de Bashar al-Qaryouti, qui suit l'activité de colonisation dans le sud de la région de Naplouse.
Ce qui est inhabituel à Qusra samedi, ce n'est pas l'attaque, mais l'écrit. Un communiqué militaire israélien acte désormais que des dizaines de civils israéliens ont occupé la maison d'une famille palestinienne et que des Palestiniens y ont été blessés — le genre de récit qui ne parvient d'ordinaire au public que par le village. Ce que le communiqué omet, c'est la moindre arrestation : les colons ont été escortés hors des lieux et leurs voitures saisies, et personne n'aurait été interpellé. Dans la version du conseil, ces mêmes forces se sont retournées contre les Palestiniens enfermés dans la maison, et c'est là que les deux récits cessent de se recouper.