Israël menace d'assassinats pour des cerfs-volants inoffensifs
Benjamin Netanyahu et Israel Katz ont ordonné à l'armée de traiter comme des drones les cerfs-volants et les ballons qui franchissent la limite de Gaza, et d'évacuer les zones d'où ils partent, quelques jours après que l'armée a indiqué que quatre cerfs-volants récupérés ne transportaient rien de dangereux.

Le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense ont menacé dimanche d'intensifier les assassinats dans la bande de Gaza et de déplacer les habitants de toute zone d'où sont lancés des cerfs-volants, des ballons ou des drones. Cette menace répond à un petit nombre de cerfs-volants qui ont dérivé au-delà du périmètre ces derniers jours.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a ordonné à l'armée d'agir immédiatement et avec force contre tout lancement, et a établi une échelle où ces objets deviennent interchangeables : « Un ballon, c'est comme un cerf-volant, et un cerf-volant, c'est comme un drone, qu'il transporte des explosifs ou non. » Il a affirmé que chaque lancement serait considéré comme un acte de guerre et que la riposte pourrait viser les personnes accusées d'organiser ces lancements ainsi que ce que l'armée décrit comme les infrastructures qui leur sont liées. Le chef d'état-major, Eyal Zamir, a participé à la réunion d'évaluation au cours de laquelle ces mesures ont été arrêtées.
Quatre cerfs-volants ont été récupérés près de la localité de Nahal Oz, un vendredi et trois samedi matin. L'armée a indiqué qu'aucun ne transportait de matière suspecte et qu'ils ne présentaient aucun danger pour la population. Ce constat n'est contesté par aucune des deux parties, car il émane de cette même armée à qui l'on ordonne aujourd'hui de traiter ces objets comme des drones.
Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a déclaré dimanche que les objets à l'origine de ces menaces sont des jouets que les enfants font voler dans les camps de déplacés, sur ce qu'il reste du territoire de la bande, les forces israéliennes en tenant environ 70 pour cent. « Ces menaces, fondées sur des prétextes fabriqués, sont une tentative de justifier la poursuite de l'agression », a-t-il dit. Il a appelé l'administration américaine, les médiateurs et garants du cessez-le-feu ainsi que le Board of Peace à faire pression sur Israël pour qu'il y mette fin.
Un membre du bureau politique du mouvement, Bassem Naim, a affirmé qu'Israël lui avait donné trois jours pour mettre fin aux lancers de cerfs-volants et avait menacé d'une campagne aérienne plus large à défaut.
Cette politique a déjà été appliquée avant même d'être annoncée. Israël a attribué les frappes qu'il a menées dimanche dans le centre de Gaza, où deux Palestiniens ont été tués, à des lancements de cerfs-volants, de ballons et de drones depuis la bande.
Ce qui rend cette annonce lourde de conséquences, ce ne sont pas les cerfs-volants, mais la règle qu'elle pose. Évacuer la zone d'où est parti un cerf-volant ne suppose pas d'identifier celui qui l'a lancé : il suffit d'une direction. La plupart des familles de la bande vivent sous des tentes, sur un terrain où elles ont déjà été déplacées plus d'une fois, et une règle indexée sur le point de départ d'un jouet en papier fait peser la menace d'un nouveau déplacement sur quiconque se trouve en dessous.