Gaza Gazette
Cisjordanie

L'armée bloque l'aide aux familles assiégées de Qusra

Les forces israéliennes empêchent des militants de livrer des vivres, tandis que les violences des colons s'intensifient dans toute la Cisjordanie occupée.

L'armée bloque l'aide aux familles assiégées de Qusra

Les forces israéliennes ont empêché vendredi environ cent militants pacifistes d'acheminer une aide humanitaire à des Palestiniens soumis depuis vingt-huit jours à un siège à Qusra. Dans cette localité du nord de la Cisjordanie occupée, trois maisons sont bloquées depuis le neuf août par des colons appuyés par l'armée, qui invoquent le statut de zone militaire fermée.

Le mouvement israélien de gauche La Paix maintenant a indiqué que les commandants sur le terrain avaient refusé de laisser entrer les vivres dans la zone assiégée. Les responsables ont exigé que les familles sortent elles-mêmes chercher l'aide, alors même que l'armée empêche les Palestiniens de quitter leur domicile pendant ce blocus prolongé et restrictif.

Le maire de Qusra, Abdel Azim Wadi, a déclaré que l'armée empêche les produits de première nécessité de parvenir à trois familles prises au piège sur le mont Ras al-Ain. Ce siège s'accompagne d'attaques croissantes, notamment des fermetures de routes et l'installation de checkpoints, qui nourrissent la crainte des Palestiniens d'un déplacement forcé loin de leurs terres et de leurs villages ancestraux.

À Jérusalem, la police a ouvert le feu vendredi sur un Palestinien de trente-trois ans près de la porte de Damas. Les policiers ont affirmé qu'il avait tenté de commettre une attaque au couteau avant d'être neutralisé sur place. La victime, identifiée comme Ibrahim al-Hendi, du quartier de Beit Hanina, est morte sur le coup.

Des colons accompagnés de soldats ont fait irruption vendredi dans des communautés de la vallée du Jourdain et du sud de Bethléem. Ils ont agressé des habitants et tiré des gaz lacrymogènes sur ceux qui résistaient aux attaques. Ces incidents traduisent une forte hausse récente des violences contre les Palestiniens et leurs biens dans le territoire occupé.

L'ambassadeur des États-Unis Mike Huckabee a qualifié de terroristes les Israéliens impliqués dans ces violences, estimant qu'ils nuisent gravement à l'image d'Israël. Il a averti que le pays avait besoin d'amis plutôt que d'ennemis. Environ 750 000 colons vivent dans des colonies et des avant-postes illégaux, d'où sont menées des attaques visant à déplacer les Palestiniens.

Les Nations unies considèrent la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, comme un territoire palestinien occupé et jugent la colonisation israélienne illégale au regard du droit international. Parallèlement, l'armée a arrêté des Palestiniens à Qabatiya et à Naplouse, affirmant qu'ils projetaient de fabriquer des armes, lors de récentes opérations de sécurité dans la région.