Frappe de drone israélien à Beit Jinn : un chauffeur blessé
Le ministère syrien des Affaires étrangères qualifie l'attaque contre un véhicule civil à l'ouest de Damas de violation de sa souveraineté et demande au Conseil de sécurité d'agir. L'armée israélienne affirme avoir visé un homme qui préparait une attaque ; des habitants disent que des drones survolaient la zone depuis quatre jours.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré qu'un drone israélien avait frappé samedi un véhicule civil dans la localité de Beit Jinn, dans la campagne à l'ouest de Damas, faisant plusieurs blessés. Il a condamné l'attaque dans les termes les plus fermes, y voyant une violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale syriennes ainsi qu'une infraction au droit international.
Les médias d'État syriens ont rapporté que le véhicule touché était une petite camionnette de livraison, frappée sur la route qui relie la localité aux terres agricoles voisines, et que l'homme au volant avait été blessé. Des voisins qui ont entendu l'explosion l'ont transporté à l'hôpital ; une source médicale a décrit son état comme stable, avec une blessure à la main droite. L'agence de presse officielle a fait état d'un seul blessé, sans autre précision.
L'armée israélienne a confirmé avoir mené la frappe. Elle a affirmé que l'homme visé menait une attaque dont la préparation était à un stade final et qui représentait une menace immédiate pour les forces israéliennes opérant dans le sud de la Syrie. Elle n'a fourni aucun élément à l'appui de ce récit, et des habitants cités sur place indiquent que l'homme travaille comme chauffeur livreur de marchandises et de commandes.
Le ministère a indiqué que cette frappe s'inscrivait dans une série et a tenu Israël entièrement responsable de ses conséquences, avertissant que la poursuite des attaques aggraverait l'instabilité dans la région et exposerait les civils. Il a appelé le Conseil de sécurité et les autres États à assumer leurs responsabilités juridiques et politiques et à faire cesser ces attaques.
Beit Jinn se trouve près du Jabal al-Cheikh, à quelque 55 km de Damas, et a été frappée à plusieurs reprises au cours de l'année écoulée. Un raid terrestre mené fin novembre y a tué 13 civils ; les soldats israéliens y ont essuyé des tirs, six d'entre eux ayant été blessés, dont trois grièvement. Des habitants affirment que des drones de reconnaissance survolaient la zone depuis quatre jours avant la frappe de samedi.
Muhsen al-Mustafa, chercheur en sécurité au Centre Omran d'études stratégiques à Damas, lit la frappe comme un message adressé au gouvernement syrien : selon lui, Israël traite le pays, et le sud en particulier, comme une zone de sécurité dont il entend combler les vides. Il l'a reliée aux frappes menées quelques jours plus tôt contre une base aérienne dans la province d'Idleb, dans le nord, qui montrent selon lui que la zone revendiquée par Israël ne se limite pas à la bande frontalière, et a estimé qu'un drone avait été préféré à des troupes au sol en raison des pertes subies en novembre.
Israël occupe la majeure partie du plateau du Golan depuis 1967. Après la chute du gouvernement Assad fin 2024, il a déclaré caduc l'accord de 1974 sur le désengagement des forces et est entré dans la zone tampon démilitarisée et au-delà, y compris sur le versant syrien du mont Hermon, frappant depuis lors des dépôts d'armes et des sites militaires à travers le pays. Une source diplomatique syrienne a déclaré que Damas restait attaché à la désescalade et cherchait un arrangement sécuritaire avec Israël par une médiation américaine, sur la base de ce même accord de 1974.