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Obus au phosphore tirés sur des localités du sud du Liban

L'Agence nationale d'information libanaise a recensé des tirs d'artillerie, des frappes aériennes et des munitions au phosphore de vendredi soir à samedi matin, et affirmé qu'aucune maison de Bayt al-Sayyad n'avait été épargnée.

Obus au phosphore tirés sur des localités du sud du Liban

De violents tirs d'artillerie israéliens se sont abattus samedi à l'aube sur trois endroits du sud du Liban, a indiqué l'Agence nationale d'information du pays : la ville de Mansouri, les terres agricoles à la lisière de Majdal Zoun et les abords de Bayt al-Sayyad. L'agence a précisé que ces trois mêmes endroits avaient été visés toute la nuit précédente.

Elle a fait état de dégâts importants dans les habitations de Bayt al-Sayyad, affirmant qu'aucune maison de la localité n'avait été épargnée.

Selon l'agence, des obus au phosphore figuraient parmi les munitions tirées dans la nuit et jusqu'aux premières heures du matin, tombant sur les abords de Dawhat Kfar Remman, les alentours de la colline de Dabsha et la zone boisée d'Ali al-Taher. Des avions de combat ont mené deux frappes sur la colline d'Ali al-Taher elle-même, à la limite nord de Nabatieh al-Fawqa.

Des explosions ont également été signalées à Hadatha, Beit Yahoun et Aita al-Jabal, accompagnées de tirs de mitrailleuse en direction des vallées voisines. Des drones sont restés au-dessus des villes et des villages des secteurs ouest et centre du sud du pays durant les mêmes heures, selon l'agence.

Le phosphore blanc est un produit chimique incendiaire qui s'enflamme au contact de l'air. Il provoque des brûlures cutanées du deuxième et du troisième degré, et ses fumées peuvent léser les voies respiratoires et entraîner une asphyxie. Tiré en explosion aérienne au-dessus d'une zone où vivent des civils en forte densité, il est interdit par le droit international, car les dommages qu'il cause ne peuvent être limités à une cible.

Des chercheurs spécialisés dans les droits humains ont déjà documenté son usage le long de cette frontière. Des photos et des vidéos publiées par Human Rights Watch en 2024 montraient ces munitions frappant des immeubles d'habitation à Kafr Kila, Mays al-Jabal, Boustane, Markaba et Aita al-Chaab. L'organisation avait signalé un an plus tôt que les forces israéliennes avaient employé cette arme dans la bande de Gaza et dans deux zones rurales de la frontière israélo-libanaise.

Tous les lieux cités samedi par l'agence sont des villes ou des villages habités, ou les terres agricoles qui en dépendent. Un obus qui met le feu à un verger aux abords d'une localité ne cesse pas d'être une arme lorsque les tirs s'arrêtent, et ce sont les habitants revenus dans ces villages qui devront éteindre les incendies.