Gaza Gazette
Cisjordanie

Colons : 25 Palestiniens tués en 2026, année record

Deux gouvernorats, Ramallah et Naplouse, concentrent 71 pour cent des morts recensées depuis 2019, et trois personnes tuées sur cinq avaient moins de 30 ans.

Colons : 25 Palestiniens tués en 2026, année record

La Commission de résistance au mur et à la colonisation a annoncé que 25 Palestiniens ont été tués dans des attaques de colons depuis le début de 2026, le bilan le plus lourd de toutes les années couvertes par ses registres, sur 87 recensés depuis le début de 2019.

Publiés vendredi, ces chiffres placent l'année en cours environ 79 pour cent au-dessus de l'ensemble de 2025, qui s'était achevé sur 14 morts, alors qu'il reste encore plus de quatre mois. La hausse antérieure avait été irrégulière mais marquée : deux morts en 2019, un en 2020, cinq en 2021 et six en 2022, puis 23 en 2023 et 11 en 2024.

Sur ces 87 personnes, 61 ont été tuées après le 7 octobre 2023 — plus de 70 pour cent du total, sur une période représentant à peine plus d'un tiers des années recensées.

La répartition mensuelle fait apparaître des vagues plutôt qu'un rythme régulier. Dix personnes ont été tuées en octobre 2023, neuf en mars de cette année et sept en juillet. La Commission voit dans cette concentration un glissement vers des attaques de plus grande ampleur, capables de faire plusieurs victimes dans un même village ou lors d'un seul incident.

Deux gouvernorats concentrent l'essentiel des morts. Ramallah et al-Bireh en comptent 36, soit environ 41 pour cent du total, et Naplouse 26, près de 30 pour cent — 62 à elles deux, soit environ 71 pour cent. Hébron en compte neuf, Jérusalem et Salfit cinq chacune, Bethléem trois et Qalqilya deux, à quoi s'ajoute un mort à l'intérieur des territoires de 1948.

La Commission relie cette concentration aux zones où les avant-postes de colonisation se sont étendus le plus vite, et aux attaques répétées contre les villages, les routes et les terres agricoles alentour. Selon elle, ces attaques font partie du projet de colonisation plutôt qu'elles ne l'accompagnent : elles chassent les habitants de leurs terres par la peur et ouvrent la voie à leur confiscation.

Les victimes étaient jeunes. Douze étaient des enfants de moins de 18 ans, soit près de 14 pour cent du total, et 41 autres avaient entre 18 et 29 ans : 53 des 87 — environ 61 pour cent — n'avaient pas atteint 30 ans. La plus jeune avait 14 ans et le plus âgé 72, et l'âge médian était de 26 ans.

La Commission fait remonter ce basculement à la formation du gouvernement d'extrême droite israélien, le 29 décembre 2022, après laquelle, affirme-t-elle, des figures issues des marges du mouvement de colonisation se sont installées au cœur de la décision. Elle décrit des conditions rendues depuis toujours plus permissives pour les colons : des avant-postes agrandis puis légalisés a posteriori, une protection et des moyens fournis, des armes plus faciles à obtenir, et des enquêtes et des poursuites qui n'ont dissuadé personne.

Elle a demandé aux autres États de passer de la condamnation à l'obligation de rendre des comptes : des sanctions contre les auteurs des attaques et contre les organes officiels qui les soutiennent, la fin du soutien financier et commercial à la colonisation, la protection des communautés les plus exposées et des poursuites devant les juridictions internationales.