La Syrie place en détention sept agents d'un poste de police après un décès survenu à la suite d'une garde à vue à Latakia
Une commission examine les conditions dans lesquelles Mohammed Gamira a été détenu au poste de Haffeh et si la loi a été respectée.

Le ministère syrien de l'Intérieur a annoncé que sept membres du personnel du centre de détention du poste de police de Haffeh, dans la province côtière de Latakia, ont eux-mêmes été placés en détention, après la mort à l'hôpital d'un homme qui y était retenu.
Mohammed Gamira avait été arrêté pour un vol présumé et détenu au poste pendant environ trois jours. Son état s'est dégradé et il a été transféré en soins intensifs à l'hôpital universitaire Tishreen, où il est mort.
Des photographies de lui en soins intensifs ont circulé sur les réseaux sociaux et ont rendu publique l'accusation selon laquelle il aurait subi des mauvais traitements pendant sa détention. Le commandement de la sécurité intérieure de Latakia a alors ouvert une enquête, et une commission spécialisée a été constituée pour établir les circonstances de sa détention et déterminer si celle-ci était conforme à la loi. Les sept placements en détention font suite aux premières conclusions de la commission.
Aucune cause du décès n'a été annoncée, et le ministère n'a pas indiqué ce que la commission a établi jusqu'à présent.
Le ministre de l'Intérieur, Anas Khattab, a présenté ses condoléances à la famille de Gamira et affirmé que les violations seraient traitées avec fermeté conformément à la loi. « Toute personne dont la responsabilité sera établie recevra la punition qu'elle mérite, quelle qu'elle soit, une fois les enquêtes terminées », a-t-il déclaré.
L'annonce a été faite par le commandement de sécurité du ministère lui-même, et non par un tribunal ou un organe de contrôle extérieur, ce qui en fait à ce stade une déclaration d'intention. Ce qui la transformera en obligation de rendre des comptes, c'est la publication des conclusions de la commission et l'ouverture éventuelle de poursuites après ces sept placements en détention.