Israël affirme que la Syrie était sur le point d'enfreindre une entente de sécurité ; Damas dit qu'il n'en existe aucune
La Turquie, désignée dans le communiqué israélien comme la raison des frappes, y voit une couverture destinée à les justifier, tandis que le ministère émirati des Affaires étrangères estime que le raid a violé l'accord de 1974 sur le désengagement des forces.
Le bureau du Premier ministre israélien a déclaré mardi que la Syrie s'était approchée d'une rupture d'une entente de sécurité entre les deux États en acceptant le déploiement de soldats turcs sur une base aérienne près d'Alep, et a qualifié cela de menace pour la sécurité israélienne. Le communiqué faisait suite aux frappes aériennes israéliennes sur la base d'Abu al-Duhur, dans la campagne orientale de la province d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie.
Il a ajouté qu'Israël ne tolérerait pas de telles menaces et qu'il verrait d'un bon œil un retour à l'arrangement qui, selon lui, était en vigueur. Le communiqué n'a pas précisé quand cette entente avait été conclue, à quel niveau elle avait été convenue, ni ce qu'elle impose à l'une ou l'autre partie.
La Direction turque de la communication a répondu en quelques heures, jugeant la version israélienne futile et affirmant qu'elle visait à légitimer ce qu'elle a qualifié de frappes contre la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie. Ankara a estimé que ces accusations s'inscrivaient dans un ensemble plus large de politiques expansionnistes et déstabilisatrices menées à l'approche d'élections, et a assuré qu'elle continuerait à travailler avec le gouvernement syrien sur une base légitime.
Une source diplomatique du ministère syrien des Affaires étrangères est allée plus loin et a nié l'existence même de tout arrangement de sécurité avec Israël. Selon cette source, Israël avait été informé avant le raid qu'aucune force étrangère ne se trouvait sur le site, et Damas ne signera rien qui « entrave la construction des institutions civiles et militaires ».
Les trois récits ne peuvent pas tous être exacts, et ce qui les sépare n'est pas le raid lui-même. Israël soutient qu'une règle a failli être enfreinte ; la Syrie affirme qu'il n'existe aucune règle à enfreindre. Laquelle des deux versions l'emporte détermine si la prochaine frappe sera lue comme un différend sur les termes d'une entente, ou comme une attaque sans rien de convenu derrière elle.
Le ministère émirati des Affaires étrangères a condamné les frappes le jour même, rejetant avec la plus grande fermeté ce qu'il a qualifié de violation flagrante de la souveraineté syrienne et du droit international, et affirmant que la poursuite des attaques constitue une violation de l'accord de 1974 sur le désengagement des forces, qu'Israël est tenu de respecter. Il a appelé les autres États à agir pour mettre fin aux attaques répétées contre le territoire syrien.