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Quatre militants font appel de peines pour terrorisme au Royaume-Uni

Les avocats estiment que les condamnations violent les droits humains, tandis que les familles redoutent des décennies de surveillance de l'État après un jugement inédit.

Quatre militants font appel de peines pour terrorisme au Royaume-Uni

Quatre militants de Palestine Action font appel de leurs peines après qu'un tribunal britannique les a qualifiés de terroristes. Charlotte Head, Samuel Corner, Leona Kamio et Fatema Zainab Rajwani ont été condamnés pour avoir endommagé une usine d'armement israélienne à Filton, près de Bristol, en août 2024. C'est la première fois que des dégradations matérielles sont qualifiées de terrorisme par la justice britannique.

Les peines prononcées vont de quatre ans à près de huit ans de prison. Samuel Corner a écopé de sept ans et huit mois, tandis que Charlotte Head et Leona Kamio ont été condamnées à cinq ans. Fatema Zainab Rajwani, la plus jeune des accusés à vingt et un ans, a été condamnée à quatre ans et huit mois. Leurs avocats jugent ces sanctions manifestement excessives et contraires aux principes de la justice naturelle.

L'avocat Simon Natas a confirmé que le recours conteste la qualification de lien terroriste retenue dans ce dossier. Il soutient que la condamnation viole l'article 7 de la Convention européenne des droits de l'homme, Palestine Action n'étant pas une organisation interdite à l'époque des faits. La défense invoque également l'article 6, relatif au droit à un procès équitable et impartial, s'agissant du déroulement du procès initial.

Les familles ont exprimé leur vive inquiétude quant aux conséquences à long terme pour les militants emprisonnés. Emma Kamio a déclaré que sa fille aurait cinquante ans avant que le harcèlement de l'État ne cesse. Sukaina Rajwani a souligné que sa fille avait déjà passé dix pour cent de sa vie derrière les barreaux. Elles craignent que le renforcement des contrôles ne les empêche, à leur sortie, de travailler auprès d'enfants.

En vertu de la législation en vigueur, les détenus libérés sont soumis à des obligations de déclaration pendant quinze ans. Ces règles les contraignent à signaler à la police tout nouvel appareil, compte bancaire ou relation. James Smith, un médecin récemment revenu de Gaza, a apporté son soutien aux militants en déclarant qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Il a évoqué l'impossibilité, pour les médecins, de soigner les victimes des drones quadricoptères israéliens.

Le Royaume-Uni a interdit Palestine Action en tant qu'organisation terroriste en juin 2025. Cette décision place le groupe sur la même liste que des entités comme al-Qaïda et l'EIIL. Des organisations de défense des libertés publiques ont dénoncé une mesure liberticide et disproportionnée. Aucune date n'a été fixée pour l'audience d'appel, mais les avocats espèrent qu'elle se tiendra dans les prochains mois.

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