L'Afrique du Sud dit à la CIJ qu'Israël ignore ses ordonnances
Un dossier déposé le 25 août affirme que les Palestiniens sont toujours privés d'eau, de médicaments et de soins, et qu'un enfant a été tué en moyenne chaque jour depuis le cessez-le-feu.
L'Afrique du Sud a déposé devant la Cour internationale de justice un dossier affirmant qu'Israël n'a pas appliqué les mesures conservatoires contraignantes ordonnées par la Cour dans l'affaire de génocide engagée au sujet de Gaza, a indiqué son ministère des Relations internationales et de la Coopération.
Le document a été déposé le 25 août. Il vise à aider un comité de la Cour chargé de surveiller si Israël met en œuvre les ordonnances et qui examine les options dont disposent les juges, a précisé le ministère.
Les Palestiniens continuent d'être privés d'eau, de soins de santé, de médicaments et d'autres produits essentiels, selon le communiqué, qui indique que Pretoria continuera d'explorer « toutes les voies disponibles » pour obtenir un respect intégral et immédiat des mesures.
Le dossier accuse également Israël de tuer des journalistes palestiniens et d'interdire l'entrée à Gaza aux correspondants étrangers et aux enquêteurs mandatés par l'ONU, ce qui laisse la Cour tributaire d'éléments recueillis dans des conditions contrôlées par Israël.
Pour la période écoulée depuis l'annonce du cessez-le-feu, le ministère affirme qu'un enfant palestinien a été tué en moyenne chaque jour par l'armée israélienne et que le taux de fausses couches à Gaza a plus que triplé au cours de l'année 2026. Les survivants, ajoute-t-il, sont repoussés dans une zone toujours plus réduite et maintenus dans des conditions qu'il qualifie d'insoutenables.
Les mesures en question ont été ordonnées en 2024 et imposent à Israël de prendre toutes les dispositions en son pouvoir pour prévenir les actes relevant de l'article 2 de la Convention de 1948 sur le génocide. Elles sont contraignantes, mais la Cour ne dispose d'aucun moyen de les faire exécuter, et la question de ce qui suit un non-respect répété reste ouverte depuis leur prononcé.
C'est là l'objectif du dépôt. Plutôt que d'ouvrir un débat sur le fond de l'affaire, qui prendra des années, il place un état des lieux des mois écoulés depuis les ordonnances devant l'organe chargé de leur suivi et demande à la Cour de décider ce qu'elle fait lorsque ses propres instructions sont ignorées.