Des bénévoles sauvent les pierres d'une mosquée de Deir al-Balah
Les colonnes de marbre et les pierres de taille de la mosquée Abu Salim, construite en 1951 et réparée deux fois depuis, sont extraites et mises à l'abri afin que ce qui sera reconstruit le soit à partir de la mosquée elle-même.

Des bénévoles ont commencé à Deir al-Balah à récupérer la pierre et le marbre de la mosquée Abu Salim, un monument du centre de la bande de Gaza qu'une frappe israélienne a détruit le 24 août. Le chantier est mené par la Mayasir Association for Culture and Arts avec une équipe de bénévoles connue sous le nom de Guardians of Heritage, qui a déblayé les gravats des couloirs de la salle de prière et des cours attenantes avant de commencer à extraire ce qui pouvait encore servir.
Shaimaa al-Natour, qui coordonne la campagne pour l'association, explique que l'équipe est arrivée sur place quelques jours après la frappe et mène ce qu'elle appelle une conservation préventive. La première phase se limite à retirer des décombres les pierres éparses et les anciennes colonnes de marbre de la mosquée, puis à les mettre en lieu sûr ; la restauration du bâtiment est renvoyée à des étapes ultérieures, dont ni l'association ni la municipalité n'ont fixé la date. Des livres endommagés ont également été sortis de la mosquée.
Le maire de Deir al-Balah, Khalil Abu Samra, indique que l'édifice date de 1951, quand un donateur, Hajj Mohammed Abu Salim, en a financé la construction, et que son plan suit un modèle ottoman. Il se dresse sur une hauteur que la ville appelle al-Hadba al-Qibliya. « Nous avons préservé cette mosquée pendant de longues années », a-t-il dit, avant d'exprimer l'espoir que les bénévoles lui rendent ce qu'elle était.
C'est la deuxième fois que le bâtiment est touché. Des bombardements israéliens avaient emporté en 2014 la partie haute du minaret et endommagé la façade, et les réparations qui ont suivi ont été menées avec le Riwaq Centre for Architectural Conservation et le Iwan Center. Une autre restauration, en 2010, avait conservé en place une grande partie des éléments architecturaux d'origine. La frappe du 24 août a fait bien plus de dégâts : elle a éventré la cour et une partie de la structure principale.
Cette histoire explique pourquoi le tri compte plus qu'il n'y paraît. Une mosquée restaurée deux fois reste un bâtiment dont la matière d'origine est encore largement la sienne, et les colonnes et les pierres de taille aujourd'hui mises en réserve sont le matériau dont une troisième restauration devrait être faite. Laissées dans les décombres, elles seraient évacuées avec eux comme des gravats, et ce qui finirait par s'élever sur le site serait un bâtiment neuf sur une vieille parcelle.
Les Guardians of Heritage interviennent sur des sites archéologiques et culturels de Gaza et du reste de la Palestine, un travail qui s'est réduit au sauvetage à mesure que les sites ont été endommagés les uns après les autres par la guerre. Leur calcul sur cette colline est modeste, et il se fait dans les mêmes conditions que tout le reste dans la bande de Gaza : personne ne peut dire quand une restauration sera possible, alors les colonnes sont gardées jusque-là.