À Battir, un système hydraulique de l'époque romaine rythme encore la saison agricole
L'eau de source atteint les terrasses selon un tour de rôle de huit jours, et elle n'a besoin ni de carburant ni de pompe.

Ibrahim Aouina, agriculteur de la ville de Battir, à l'ouest de Bethléem en Cisjordanie occupée, explique que les champs de la localité sont toujours irrigués par un système construit à l'époque romaine, qui achemine l'eau de source vers le bas de la pente jusqu'à des bassins de collecte à ciel ouvert.
Il indique que les familles de Battir vivaient principalement de l'agriculture avant 1948 et qu'elles ont continué de le faire depuis, en puisant dans les sources de la ville, et que c'est l'eau qui empêche la terre de se transformer en désert.
L'eau est distribuée aux parcelles selon un cycle de huit jours, du matin jusqu'au coucher du soleil, si bien que chaque famille sait quel jour lui revient. Les habitants entretiennent eux-mêmes les canaux et les bassins, de génération en génération.
Ce que produisent les terrasses est connu bien au-delà de la ville : l'aubergine battiri avant tout, ainsi que la courgette, la menthe et la molokhia, revendues sur les marchés et dans les villages de toute la Palestine.
L'utilité du système tient aujourd'hui en partie au fait qu'il n'exige rien. L'eau circule par gravité : à Battir, l'irrigation ne s'arrête pas quand l'électricité est coupée ou quand le diesel vient à manquer — une description rare pour un service sur cette terre.