Le ministre menace de révoquer la citoyenneté pour un docu sur Gaza
Le chef de la Culture vise les cinéastes ayant révélé les systèmes de ciblage par IA utilisés dans la guerre à Gaza.
Le ministre israélien de la Culture, Miki Zohar, a menacé dimanche de déchoir de leur nationalité les réalisateurs d'un documentaire primé sur Gaza. Il a accusé les créateurs de trahison envers l'État pour avoir exposé les opérations militaires et les victimes civiles dans la région.
Intitulé NAZA, le film présente les témoignages de vingt-quatre lanceurs d'alerte issus de l'armée ou des services de renseignement israéliens. Ces sources ont décrit des systèmes de ciblage alimentés par l'intelligence artificielle utilisés pour bombarder Gaza. Les attaques auraient tué des dizaines de milliers de civils durant le conflit en cours.
Miki Zohar a publié une déclaration sur la plateforme X concernant ce projet controversé. Il a annoncé son intention d'agir immédiatement contre les cinéastes, les qualifiant de créateurs méprisables ayant commis une trahison envers l'État par leur œuvre cinématographique et leurs prises de position publiques.
Le réalisateur Yuval Abraham a répondu en partageant les révélations des officiers du renseignement figurant dans le film. Il a indiqué que ces officiers décrivaient les massacres de masse comme systémiques plutôt qu'accidentels. Selon les témoignages des lanceurs d'alerte, ces politiques reposent sur une déshumanisation totale des Palestiniens.
Ce documentaire de quatre-vingts minutes a récemment remporté un prix spécial du jury au Festival de Venise. Cette reconnaissance a intensifié les représailles politiques en Israël contre les cinéastes. L'incident met en lumière les tensions croissantes autour de la liberté artistique et de la critique des actions militaires dans la région.